Bien choisis, ils pourront sauver votre soirée. Lorsqu’on débute ou que l’on progresse en astronomie amateur, on se concentre souvent sur le choix du télescope. Pourtant, les oculaires de télescope jouent un rôle tout aussi déterminant dans la qualité des observations. À instrument identique, un bon oculaire peut transformer radicalement l’expérience visuelle : champ plus large, image plus contrastée, observation plus confortable.
Quels types d’oculaires choisir, pourquoi ceux fournis avec les télescopes sont souvent limitants, quand et comment les remplacer, et comment trouver le meilleur compromis entre qualité optique, prix et poids. Voici les réponses à vos questions.
Un oculaire astronomique est un outil optique, une combinaison de lentilles placée à l’extrémité du télescope. Il sert à grossir l’image formée par l’instrument au foyer. Toutefois, le facteur de grossissement effectif d'un oculaire dépendra de la focale de votre instrument.
👉 Formule clé à retenir : Grossissement (V) = focale de l’objectif (Fob) / focale de l’oculaire (Foc)
Concrètement, avec un télescope de F 1200 mm de focale, un oculaire de 20 mm → grossissement 60 X ( 1200/20=60)
Mais le grossissement n’est pas le seul critère à prendre en compte. Le champ apparent (ou champ de vision apparent, il s'agit de l'angle d'ouverture d'un oculaire), le relief d’œil (distance entre la dernière lentille et la pupille de l'œil) et la qualité optique influencent fortement le confort et la finesse des détails observés.
Quand on débute en astronomie, le choix des oculaires peut vite sembler compliqué. Pourtant, leur rôle est simple : ce sont eux qui permettent de grossir l’image observée dans le télescope. Il existe plusieurs types d’oculaires, qui se différencient surtout par le confort d’observation et la largeur du champ de vision.
Certains modèles, souvent fournis avec les télescopes, sont clairement des oculaires d'entrées de gamme. Mais s'ils permettent de rapidement commencer à observer, ils montrent rapidement leurs limites.
À l'inverse, d’autres offrent une image plus agréable, plus large et plus facile à utiliser, même pour un débutant. Connaître les grands types d’oculaires aide à mieux comprendre ce que l’on voit dans l’oculaire et à éviter des achats inutiles dès les premières observations.
Quelque soit votre choix, gardez deux éléments en tête : le prix augmente forcément avec la qualité de l'oculaire. Le poids, également.
Coût : 30 à 80 €
Convient pour : Découverte de l'astronomie, dépannage
En résumé : ✔️ Avantages : prix bas, simplicité ❌ Inconvénients : champ étroit, confort limité, peu immersif
Les oculaires Huygens et Ramsden font partie des premières conceptions historiques d’oculaires. Ils sont aujourd’hui considérés comme dépassés. Leur champ de vision est très étroit et l’image manque souvent de confort et de netteté, notamment sur les bords.
On les trouve parfois dans de très anciens instruments ou dans des kits très bas de gamme. Ils permettent de voir des objets lumineux comme la Lune, mais ne sont plus adaptés à une pratique moderne de l’astronomie amateur.
Les oculaires Kellner et MA constituent une porte d’entrée correcte pour débuter. En revanche, même si l’image reste généralement exploitable, leur champ de vision limité (environ 40°) donne une impression de vision un peu étroite (effet trou de serrure).
Souvent fournis avec les télescopes d’initiation, ces oculaires permettent d’apprendre les bases (mise au point, repérage, grossissement), mais montrent vite leurs limites dès que l’on souhaite plus de confort ou une observation prolongée.
Les oculaires Plössl sont considérés comme le meilleur standard économique en astronomie amateur. Avec un champ apparent d’environ 50°, ils offrent une image plus agréable et plus contrastée que les modèles plus simples.
Ils constituent un excellent compromis entre qualité optique, simplicité et prix, ce qui en fait un choix très courant pour les débutants comme pour les amateurs plus expérimentés. Leur seul point faible peut être un confort réduit sur les focales très courtes, mais dans l’ensemble, ce sont des oculaires fiables et polyvalents.
Coût : 80 à 200 €
Convient pour : Usage régulier, confort d'observation
En résumé : ✔️ Avantages : Observation plus immersive, meilleur repérage des objets célestes (appréciable en ciel profond) ❌ Inconvénients : le prix, le poids, à réserver aux montures bien équilibrées.
Très appréciés pour le ciel profond (amas ouverts, nébuleuses, galaxies).Les oculaires grand champ offrent un champ apparent plus large que les modèles classiques, généralement entre 60° et 70°. Concrètement, cela signifie que l’on voit une plus grande portion du ciel à grossissement égal, ce qui rend l’observation plus agréable et moins contraignante.
Ils facilitent le repérage des objets et donnent une sensation plus immersive, particulièrement appréciable pour le ciel profond (amas ouverts, nébuleuses). Ces oculaires représentent souvent le meilleur compromis pour progresser après les oculaires fournis avec un télescope.
Les oculaires très grand champ proposent un champ apparent supérieur à 70°, pouvant atteindre 82°, 92° ou même 100°. L’impression visuelle est très immersive : l’objet semble flotter dans l’espace, avec peu ou pas de sensation de bord de champ, grâce à une excellente correction optique.
Ils sont très appréciés des observateurs expérimentés, mais présentent des contraintes : poids élevé, coût important et exigence accrue sur la qualité du télescope et de la monture. Pour un débutant, ils ne sont pas indispensables, mais peuvent devenir intéressants une fois les bases maîtrisées.
Les oculaires zoom permettent de faire varier la focale (par exemple de 8 à 24 mm) sans changer d’oculaire. Ils sont très pratiques pour tester différents grossissements rapidement, notamment lors de l’observation de la Lune ou des planètes.
En contrepartie, le champ apparent est souvent plus étroit aux focales longues, et la qualité optique peut être légèrement inférieure à celle d’un bon oculaire à focale fixe. Les oculaires zoom sont donc pratiques et polyvalents, mais rarement les plus performants dans toutes les situations.
✔️ Avantage : polyvalence ❌ Inconvénient : performances inégales selon la focale
Coût : + de 2 000 €
Convient pour : outil pédagogique ou de médiation, visuel assisté
En résumé : ✔️ Avantages : des images riches en couleurs, proches de celles prises par un APN❌ Inconvénients : le prix, ne remplacent pas des oculaires optiques classiques
Les oculaires dits numériques ou connectés (souvent appelés “Smart Eye”) combinent un capteur électronique et un écran ou une connexion à un smartphone. L’image observée n’est plus directement visuelle : elle est captée, traitée et affichée numériquement.
Ils peuvent être attractifs pour la découverte, les démonstrations publiques ou l’observation assistée, mais présentent des limites concrètes importantes :
Limites d’utilisation :
perte de l’observation visuelle directe (ce n’est plus de l’astronomie visuelle classique)
résolution et dynamique souvent inférieures à l’œil sur les objets lumineux
dépendance à l’alimentation électrique et à l’électronique
latence possible dans l’affichage
compatibilité limitée avec certains télescopes
coût élevé par rapport aux performances réelles
Les oculaires livrés avec un télescope permettent de commencer à observer, mais ils sont conçus avant tout pour réduire le prix du kit, pas pour offrir la meilleure expérience possible. Leur champ de vision est souvent étroit, ce qui donne une impression de regarder à travers une serrure, et le confort est limité lors des observations prolongées. Bien qu'ils remplissent leur rôle pour les premières nuits, leur relief d’œil court et leur traitement optique basique (perte de contraste) montre rapidement leurs limites dès que l’on souhaite observer plus longtemps, plus confortablement ou avec davantage de détails. Ce n’est pas un défaut du télescope, mais une limite des accessoires fournis.
Changer d’oculaire est l’une des améliorations les plus efficaces en astronomie amateur. Un oculaire mieux conçu peut offrir un champ plus large, une image plus agréable et une observation moins fatigante pour les yeux.
Concrètement, cela facilite le repérage des objets, améliore la lisibilité des détails et rend les séances plus confortables, surtout pour les débutants. Dans de nombreux cas, changer d’oculaire apporte un gain plus visible que changer de télescope, pour un budget bien moindre.
Un bon oculaire doit trouver un équilibre entre qualité d’image, confort et poids. Les oculaires grand champ, par exemple, sont très agréables à utiliser, mais peuvent devenir lourds et déséquilibrer une monture légère.
Pour un usage associatif ou partagé, comme dans un club d’astronomie, il est préférable de privilégier des oculaires robustes, polyvalents et confortables, même si le champ n’est pas extrême. Le milieu de gamme offre souvent le meilleur compromis pour une utilisation régulière.
les reflets parasites
En d'autres termes, changer d’oculaire est souvent plus rentable qu’acheter un nouveau télescope.
Il n’est pas nécessaire de posséder de nombreux oculaires pour bien observer. Une petite gamme cohérente suffit à couvrir la majorité des situations (voir encadré en bas de page).
Configuration recommandée :
25–30 mm → grand champ, repérage
10–12 mm → observation polyvalente
5–6 mm → Lune et planètes
Trois oculaires bien choisis couvrent 90 % des besoins.
En pratique, trois oculaires bien choisis permettent de répondre à presque tous les besoins : un oculaire à faible grossissement pour le repérage et les objets étendus, un oculaire intermédiaire polyvalent, et un oculaire à fort grossissement pour la Lune et les planètes. Cette approche évite les achats inutiles et facilite l’apprentissage.
Avant d’acheter un oculaire, il est très utile de simuler le rendu réel avec son télescope. Des outils en ligne permettent de visualiser le champ observé, le grossissement et l’apparence des objets célestes selon différentes combinaisons.
Pour vous faire une idée, utilisez les simulateurs en ligne. Ceux proposés par 🔗 Stelvision et 🔗 Telescopius aident à faire des choix plus éclairés et à éviter les déceptions. Cette étape simple permet de relier la théorie à l’observation réelle, ce qui est particulièrement précieux.
👉 Avant de changer de télescope, changez vos oculaires : c’est souvent la décision la plus rationnelle et la plus rentable.
Grossissement minimal : ≈ diamètre du télescope en mm ÷ 7. Exemple : 200 mm / 7 = ~30 X (correspond donc à un oculaire de
Grossissement utile : zone où l’image est nette et lumineuse (la plus utilisée). Exemple : 50× à 250×
Grossissement maximal : ≈ 2 × diamètre (en mm), rarement exploitable. Exemple : ~400×
Attention à ne pas vouloir trop grossir : en cas de fortes turbulences atmosphériques, vous risquez tout simplement de ne rien y voir.
👉 La plupart des observations se font entre 70× et 200×, même pour les planètes.
Dans tous les cas, mieux vaut moins grossir et mieux voir que l’inverse.